Le 19
juillet dernier, très tôt le matin, un bolide traversait le ciel
breton. Du fait de son heure matinale: 5h15, peu de gens ont vu
l'objet, mais beaucoup l'ont entendu. Ce qui est intéressant, c'est
justement ce bruit, qui confirme que le bolide se trouvait entre 0
et 100km de distance maximale par rapport aux témoins. Nous avons
même trouvé un témoignage d'un habitant à Mordelles qui affirme que
les murs de sa maison ont tremblé comme après un gros coup de
tonnerre.
Le bolide a donc du passer très prêt...
- LA RECHERCHE:
Après la
récupération de plusieurs témoignages sur place, d'un film pris par
une caméra de vidéo surveillance et le travail sur le terrain de
chasseurs de météorites, la recherche a pu s'affiner: le bolide
avait une trajectoire NE/SO et se serait "éteint" entre Paimpont et
Campénéac (35 - Ille et Vilaine) après s'être fragmenté.
Lorsqu'il s'"éteint" et se fragmente, il n'a pas encore touché
terre. Les météorites arrivent avec des vitesses oscillant entre 20
et 70 km par seconde ce qui va rendre difficile la définition d’une
localité exacte.
Ci-dessous la petite vidéo prise par la caméra de surveillance:
D'après un des rares témoignages visuels, une personne affirme
avoir vu passer le bolide avec une trajectoire assez verticale au
dessus de Beauvais, en direction de Néant-sur-Yvel et a entendu le
bruit 20 à 30 secondes après. La vitesse du son est de 340m par
seconde. Ce qui fait que le bolide a explosé entre 7 et 10 km de
Beauvais sur une trajectoire Est/Ouest.
Si vous ne l'avez pas déjà, je vous conseille de télécharger et
installer Google Earth
sur votre ordinateur.
Si on trace des lignes de 7 et 10 km partant de Beauvais, voici ce
que l'on obtient (la ligne du bas étant la trajectoire supposée de
la chute depuis son apparition):
(cliquez sur l'image pour une plus grande photo)
Cette première explosion authentifiée indique le point où le bolide
s'est divisé en deux ou plusieurs morceaux.
Il se peut bien sûr que l'objet se désintègre complètement avant de
toucher le sol...Mais si ce n'est pas le cas, on peut penser que le
(ou les) premier(s) morceau(x) sont tombés après Néant-sur-Yvel
pratiquement au moment de l'explosion. Les plus grands morceaux
ayant une plus grande vélocité se retrouvent forcément plus loin
dans l'axe.
Voici donc la zone supposée de la chute de la météorite (si le
bolide a bien touché le sol):
(cliquez sur l'image pour une plus grande photo)
- GUIDE ET CONSEILS:
Si vous partez à la chasse aux météorites, n'oubliez pas
d'emporter un aimant. En effet, 92% des météorites contiennent un
mélange de fer et de nickel et elles réagissent avec l'aimant.
Le marquis de Mauroy écrivit au début du XXème siècle un manuel à
l'usage des missionnaires et explorateurs afin de leur apprendre
comment reconnaître une météorite. Parmi ses premiers conseils, il
suggérait de faire une visite dans un musée ou une institution
conservant ces objets afin de se familiariser avec eux. Le conseil
reste toujours d'actualité et je ne peux qu'encourager les futurs
chasseurs de météorites à visiter un musée ou un planétarium où ils
pourront voir et peut-être toucher ces fameux "cailloux de
l'espace". Vous pouvez aussi visiter nos pages
météorites pour voir un certain nombre de photos en cliquant ici
La France ne se prête malheureusement pas à la
recherche de météorites.
Les endroits avec de la végétation, les champs cultivés et les
forêts sont pratiquement inexploitables.
En fait, suite aux relevés que nous avons faits, la zone de
recherche de la météorite bretonne est, hélas, dans ce cas (cf photo
ci-dessous)... Plutôt que de
chercher dans les champs ou les forêts, il vaudrait mieux se
concentrer sur les routes, les parkings et toutes les surfaces
bitumées. C'est ainsi que l'on a retrouvé à Turin en
Italie et au Nouveau Mexique (Portales) de magnifiques fragments,
parfois en découpant même le bitume impacté par la météorite. La probabilité de trouvailles est
beaucoup plus évidente sur les chemins de terre que dans les champs.
Une autre petite astuce est de regarder les toits des granges ou des
maisons pour y repérer un trou inhabituel. Il est préférable aussi
de ne pas se lancer dans la chasse à la météorite pendant une
journée de beau soleil, c'est certes beaucoup plus agréable mais les
ombres et les reflets sont très trompeurs et font perdre beaucoup de
temps, sans compter que l'on perd une grande partie de vision pour
la recherche (tout ce qui est face au soleil est noir).
Au milieu du mois d'août 2011 nous avons été contactés par
l'équipe de l'émission "C dans l'Air" d'Yves Calvi car j'avais
participé dans les années 90 à deux diffusions sur les météorites.
J'ai émis des doutes quand à la possibilité de retrouver rapidement
des fragments et surtout sur la valeur des témoignages humains;
d'autre part je lui ai fait remarquer que cet épisode de la
météorite bretonne tombait à point au milieu de l'été pour combler
le manque d’ évènements médiatiques : en effet cela rappelait
plusieurs alertes qui ont surgi ces dernières années au mois d’août
et qui se sont révélées des "flops météoritiques":
- D'abord la météorite ALH 84001, une météorite martienne dans
laquelle les américains prétendaient avoir trouvé des traces de vie
martienne ( le président Clinton était venu au Congrès avec cet
argument pour défendre l'enveloppe budgétaire de la NASA), en fait
c’était de la pollution terrestre.
- Dans la nuit du 11 au 12 août 1993 une "pseudo météorite" s'écrase
sur le village de Volgesheim en Alsace, je suis prévenu et je me
rends sur place, l'évènement fait même la première page du Figaro,
en fait il s'agissait d'un galet du Rhin, bien terrestre, sans doute
tombé d'un aérostat ou jeté par un gamin, de toute façon ce n'était
absolument pas une météorite.
- Le 17 août 2006, publié par un journal du Sud Ouest: JC Magnien,
59 ans, enseignant à la retraite, a découvert une météorite encore
brûlante sur sa pelouse, il s'agissait en fait d'une scorie de haut
fourneau !!
- Sans parler d'un nodule de marcassite exhibé aux informations de
13h sur TF1 comme une magnifique météorite...
Le témoignage humain reste fragile, pour nous particulièrement
qui recueillons entre 20 et 30 témoignages par semaine sur des
objets soi-disant extraterrestres. Mon fils a fait une statistique :
1 cas sur 3000 est une vraie météorite.
Nous sommes depuis les années 1990 au cœur de l'activité météorite,
cela nous a permis de reconnaître ou de retrouver quelques
météorites exceptionnelles: Chitenay, Mont Dieu, Alby sur Cheran, St
Ouen en Champagne, St Aubin, Tuan Tuc, Tafassasset, etc...
Le problème avec les observations visuelles d'un bolide est qu'il
est difficile pour une personne non avertie de décrire précisément
l'axe et la direction du phénomène. Pour la météorite d'Epinal
observée en février 2005, un travail considérable avait été fait par
le club d’astronomie local mais très vite ils s'étaient aperçu que
les témoignages partaient dans tous les sens et rien n'a jamais été
retrouvé.
Espérons que la météorite bretonne donnera de meilleurs
résultats.
Bonne chance en tout cas à tous ceux qui se lanceront dans la chasse
aux météorites et même si la probabilité de trouver un morceau est
extrêmement faible, comme au LOTO, 100% des gagnants ont tenté leur
chance !
Bien sûr si vous trouvez des objets bizarres ou insolites, n'hésitez
pas à nous envoyer quelques photos par email à
contact@carionmineraux.com
pour nous demander un avis.
Avec beaucoup moins d'informations que nous en avons
maintenant, nous étions partis mi-août à la recherche de cette
météorite. Nous avons commencé à Mordelles (juste à côté de Rennes)
puis suivi l'axe du bolide en direction de Ploërmel. Nous avons
terminé nos recherches infructueuses du côté de Beignon.
Louis Carion à la recherche de la météorite
perdue
Vu des zones de recherche
Point de départ de notre "chasse",
et oui, le bolide est passé mardi 19 juillet au matin ^^
Oui, mais est-ce le bon ? :)
Orientez plutôt vos recherches sur les routes
et chemins
Vu des zones de recherche
L'article sur la pseudo météorite de l'été
2006
Un fragment de la météorite de Portales avec
son trou dans le bitume