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Les Météorites et leurs Impacts
La
Terre, dans sa course autour du Soleil, rencontre beaucoup de poussière météoritique
qui « stagne » dans l'espace. De plus, son orbite peut recouper celle de corps
solides (astéroïdes, noyaux cométaires,...) qui gravitent eux aussi autour du
Soleil. Selon la NASA 100 000 tonnes arriveraient annuellement jusqu'au sol ;
mais il s'agit surtout de poussières, seuls les plus gros fragments pouvant
traverser l'atmosphère : 90% des grains pèseraient moins du gramme. En fait,
on estime qu'il doit tomber cinq cents grosses météorites de plus de 200g par
an, dont cent cinquante sur le sol, bien que l'on n'en retrouve qu'une
vingtaine, soit 7 à 8%. Il y en a une de plus de quatre tonnes tous les dix
ans.
La
vitesse maximale d'une météorite dans l'espace est de 42 km/s. Une valeur supérieure
supposerait une orbite hyperbolique, ce qui n'a jamais été observé. La
vitesse moyenne de la Terre est de 30 km/s. Si la Terre était privée d'atmosphère
et ne possédait pas de force d'attraction, la vitesse d'arrivée au sol serait
la somme vectorielle des deux vitesses, soit environ 12 km/s si la météorite
rattrapait notre planète, et 72 km/s si elles se télescopaient. L'arrivée
d'une météorite est toujours accompagnée d'un certain nombre de phénomènes
qui ont, à toute époque, frappé ceux qui ont eu la chance d'être témoins de
l'une d'elle. En général, les météorites présentent une croûte de fusion
noire ou brune d'une épaisseur inférieure au millimètre caractéristique de
ces objets extraterrestre. Si la chute est constituée d'un grand nombre de
fragments, la répartition au sol sera elliptique et on parlera de chute
multiple.
À
ce jour on n'a aucune certitude qu'une météorite ait tué un être humain,
malgré des récits apocalyptiques ne pouvant être authentifiés. Par contre on
a connaissance de la mort d'un chien (Nakhla, 1911 en Egypte), d’une vache (Valéra,
1972 au Venezuela) et de dégâts à des bâtiments, voire, de quelques
incendies, dont celui qui a détruit le château de Milan, le 23 juin 1525, sans
doute consécutif à une chute sur le dépôt de munitions. Dans
l’Antiquité, on imaginait que ces pierres avaient une origine surnaturelle,
qu’elles venaient du domaine des Dieux. Au Moyen-âge, en Europe, on y voyait
une conséquence des orages et de la foudre. Au 18e siècle,
plusieurs savants sont partisans d’une origine extraterrestre, mais il faudra
attendre la pluie de météorites de l’Aigle (Orne, France) en 1803 et le
rapport qu’en fit le grand physicien Jean-Baptiste Biot pour que l’on
admette définitivement cette origine. Durant le 19e siècle, on
pense qu’elles viennent de la Lune. Au 20e siècle, on s’attache
à calculer leur trajectoire ; malheureusement les informations données
par les rares témoins sont à ce point imprécises qu’il est impossible de
savoir si les météorites viennent du système solaire ou non. La question est
tranchée en 1959. Il y avait alors en Tchécoslovaquie une batterie circulaire
de caméras braquées sur le ciel afin d’observer les trajectoires des
satellites artificiels. Le 7 avril de cette année-là, à 19h 30, une météorite
tombe à Pribram. La traînée lumineuse est enregistrée par des caméras. La
trajectoire est calculée. Son origine est la ceinture principale d’astéroïdes
située entre Mars et Jupiter. Par la suite les météorites de Lost City (USA,
1970) et Innisfree (Canada, 1977) confirment cette origine.
Même
avant de bien comprendre leur formation, les savants avaient commencé à
classer les météorites en se basant sur leur composition minérale et la
texture des minéraux.
- Les chondrites sont formées de petites billes plus ou moins déformées (les
chondres) agrégées les unes aux autres. On y trouve plusieurs types. Les
« chondrites ordinaires » (près de 80% des chondrites) sont surtout
constituées de péridot (olivine), de pyroxène, de feldspath et de fer.
- Les chondrites carbonées forment un groupe de chondrites un peu à part.
Elles contiennent du feldspath et des molécules carbonées. Elles contiennent
très peu ou pas de fer.
- Les rares achondrites n’ont pas de chondres ; leur texture et leur
composition témoignent du refroidissement d’un liquide rocheux (un magma).
Elles sont pauvres en fer.
- Les sidérites (météorites métalliques) sont constituées de fer surtout et
de nickel (entre 5% et 35%. L’attaque à l’acide nitrique d’une face polie
d’une octaédrite révèle des bandes dûes à un refroidissement très lent :
les figures de Widmanstätten.
- Les rares pallasites sont les représentants les plus spectaculaires du groupe
des sidérolithes. Ces météorites sont composées de parties pierreuses et de
parties métalliques bien séparées. Les pallasites ont des grains cristallisés
de péridot disséminés dans la matrice de ferro-nickel.
Il
y a environ 100 millions d’années, au Crétacé, la vie est florissante sur
Terre et colonise tous les milieux naturels : terre, mer et air. Ce
foisonnement de vie prend fin, il y a 65 Ma, lorsque les trois-quarts des espèces
vivantes disparaissent brutalement. Cette apocalypse, qui marque la transition
entre l’ère Secondaire et l’ère Tertiaire, constitue l’une des grandes
coupures de l’histoire de la vie sur Terre : c’est la limite K/T. Néanmoins,
certains organismes survécurent et se développèrent pour venir combler des
niches écologiques libérées par la catastrophe. Ce fut le cas des mammifères.
Déjà présents à l’ère Secondaire, ils se sont multipliés au Tertiaire
pour finalement aboutir à l’Homme, il y a quelques millions d’années. Il
faut se souvenir que 99 % de toutes les espèces ayant vécu sur Terre
n’existent plus ! Dans les derniers 600 millions d’années, cinq
extinctions majeures ont été repérées, au cours desquelles plus de la moitié
des espèces vivantes a disparu. Le record : 90 % de disparition il y a 250
Ma, lors de la transition Permien/Trias. Certains donnent à ces bouleversements
une origine cosmique.
Météorite
ne rime pas toujours avec catastrophe ! La vie pourrait être apparue sur
Terre grâce à elles ; c’est la théorie de la « panspermie »,
proposée dès 1821. Depuis, on sait que les espaces interstellaires recèlent
des composés nécessaires à la vie, dont l’eau, et que certaines météorites
contiennent des acides aminés, constituants de base des protéines. La Terre
aurait donc pu être ensemencée par des molécules organiques formées dans des
nuages stellaires puis apportées par des météorites. En se modifiant dans la
« soupe primitive » terrestre, elles auraient formé un premier
maillon de la vie.
Tout
comme son homologue Monahans, la météorite ZAG, tombée au Maroc en 1998,
contient des cristaux de sel. Formés par évaporation de l’eau il y a 4,57
milliards d’années, ces cristaux ont gardé prisonnières de petites bulles
d’eau. L’eau liquide était donc déjà présente lors de la formation du
Système Solaire.
Des
cristaux de sel similaires ont été retrouvés dans des météorites martiennes
(Nakhla), témoins de la présence d’eau à la surface de Mars. Ainsi les météorites
pourraient-elles avoir apporté l’eau sur notre planète. Plus largement, l’élément
eau semble bien exister un peu partout dans l’Univers. Dès lors, pourquoi ne
pas envisager d’autres « planètes bleues » dans le cosmos ?

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